amphibien

Il pleut, il mouille, c'est la fête à la grenouille !

Le soleil, c’est agréable. La pluie, déjà moins...Mais heureux soit le naturaliste amoureux des amphibiens, car pluie est souvent synonyme de belles observation des ses animaux attachants.

                Or donc, la pluie venant arrosée les paysages arides et desséchés du Coronat suite à un hiver sec et venteux, loin de me morfondre, j’enfile mes bottes et pars au coucher du soleil sur les traces des grenouilles, crapauds et autres salamandres.

                A peine la porte refermée, j’observe à quelques mètres deux salamandres tachetés Salamandra salamandra en divagation.

Salamandre tachetée (Salamandra salamandra).jpg

Salamandre tachetée (Salamandra salamandra).jpg

                Le halo des lampadaires du village trouent de leurs taches dorées l’obscurité sans lune de la nuit. Le son des gouttes percutant la surface du sol emplit l’air d’un doux crépitement, où percent quelques cris flutés : les alytes accoucheur Alytes obstetricans sont également de sorti ce soir. Il ne me faudra pas longtemps pour en croisé un au détour d’une ruelle du village.

Alyte accoucheur (Alytes obstetricans).jpg

                Une autre nuit, un autre endroit, mais toujours à la recherche des amphibiens. Je suis descendu ce WE dans les Corbières, à Opoul-Périllos où j’avais déjà pu l’année passé constater la richesse du site.

                Coincé entre l’entrée du village et une station d’épuration, dans un paysage aride entrecoupé de garrigue et de vignoble, la mare d’Opoul-Périllos résonne d’un concert cacophonique subaquatique. Dans ce petit plan d’eau de quelques centaines de mètres carrés, pas moins de 6 espèces d’amphibiens se côtoient et se reproduisent. Une petite mare proche encore plus petit abritait également 5 espèces, dont 2 différentes.

                Les plus bruyante son sans aucun doute les rainettes méridionales Hyla meridionalis, brunes ou vertes, qui scandent sans relâche leur Croaahh....Croaahh.

Rainette méridionale (Hyla meridionalis).jpg

Rainette méridionale (Hyla meridionalis).jpg

Rainette méridionale (Hyla meridionalis) sur un mur vertical.jpg

Rainette méridionale (Hyla meridionalis) prenant le soleil.jpg

                Mais les crapauds calamite Bufo calamita, aux beaux yeux jaune-vert ne sont pas en reste et distendent leur sac vocal pour émettre leur puissante stridulation aigu.

Crapaud calamite (Bufo calamita).jpg

Crapaud calamite (Bufo calamita) chantant.jpg

                Plus discret est le pélodyte ponctué Pelodytes punctatus, au chant si particulier. Prenez deux boules de pétanque et entrechoquez-les doucement : une imitation quasi-parfaite de son chant. En pleine reproduction, les amplexus étaient nombreux ce soir là, et les chapelets d’œufs enroulés autour des tiges décoraient les herbiers aquatiques.

Pélodyte ponctué (Pelodytes punctatus).jpg

Pélodytes ponctués (Pelodytes punctatus) en amplexus.jpg

Ponte de pélodyte ponctué (Pelodytes punctatus).jpg

                Le rare pélobate cultripède Pelobates cultripes, que je n’avais pas observé sur le site l’année passé, s’était cette fois-ci déplacé en nombre. Tapis dans la végétation, ne laissant dépasser que ses yeux globuleux à la surface, il observe les alentours. En effet toute cette agitation n’attire pas que des amphibiens en mal d’amour. D’autres visiteurs, comme cette couleuvre vipérine Natrix maura, ont des intentions bien moins romantiques...

Pélobate cultripède (Pelobates cultripes).jpg

Couleuvre vipérine (Natrix maura) en chasse.jpg

                Le discoglosse peint Discoglossus pictus hante également la mare, quelquefois perché sur un des nombreux déchets la salissant.

Discoglosse peint (Discoglossus pictus).jpg

                Arpentant le fond de la mare, slalomant entre les tiges des hydrophytes, deux dragons rodent par dizaines, chassant et tentant de séduire une partenaire. Ces dragons, vous l’aurez compris, ne sont pas des reptiles mais des tritons : le triton marbré Triturus marmoratus et le triton palmé Triturus helveticus, bien différents par la taille et la teinte. Ils étaient tous deux présents en nombre.

Triton marbré (Triturus marmoratus).jpg

Mais où est le triton palmé (Triturus helveticus) ?.jpg

                La dernière espèce observée, peut-être la plus commune en France, n’était à priori représentée ici que par un seul individu : le crapaud commun Bufo bufo.

Crapaud commun (Bufo bufo).jpg

 

Le dragon Pyrénéen

     Cette après-midi,  les nuages ont envahis la vallée. Résultat, purée de pois totale… Ce n’est pas grave, car pas besoin de voir bien loin pour rechercher l’Euprocte des Pyrénées (Euproctus asper). Cet amphibien ressemblant vaguement à un triton grisâtre est endémique de la chaîne des Pyrénées. Il affectionne les petits torrents de montagne dans lesquels il se cache sous les pierres en journée.  Et je ne compte pas partir d’ici sans avoir eu l’occasion de photographier sa frimousse !

     Or, il se trouve qu’un petit torrent s’écoule à quelques minutes de marche. .Ni une ni deux, me voilà en route !

     Après une petite demi-heure de grimpette, je parviens enfin au petit ruisseau qui disparaît comme par enchantement dans le sol pour ressurgir plus bas dans la vallée. Enlevant mes godillots, j’entreprend de remonter le cours d’eau en retournant délicatement les grosses pierres du fond du lit.

Petit torrent

     Quelques  larves de salamandre m’ont fais de belles frayeurs, mais le petit point jaune à l’insertion des pattes est diagnostique : ce ne sont pas des larves d’Euprocte. Après une vingtaine de minutes à patauger dans l’eau glaciale, je désespérais de débusquer la bête, et mes pieds gelés commençaient à protester. C’est alors qu’en retournant une énième pierre, une forme grisâtre lovée en S apparue. Il était là !! Un beau mâle.

 Euprocte des Pyrénées (Euproctus asper)

Euprocte des Pyrénées (Euproctus asper)

     Remarquez les nombreuses pointes cornées, appelées spinulosités qui ornent le corps de l’animal. Après quelques photos, je laisse l’Euprocte retourner tranquillement se cacher sous une pierre et rentre le cœur joyeux au village.

Le stage commence bien !

Ce soir, c'est chasse aux tritons !

     Ce soir, après avoir dûrement travaillé dans la journée, j'ai été pris d'une soudaine envie de promenade. C'est les vacances après tout !

     Alors c'est parti, je prend la lampe, les bottes et mon fidèle Coolpix, direction la Boucle de la Taillat, de l'autre côté de l'Isère. La nuit est couverte, pas de vent, assez humide: un bon temps pour les amphibiens !  Mais il fait un peu froid (environ 3 degrés)... On verra bien ! 
     En chemin je décide de faire un crochet par la mare de l'arboretum du campus. Et déjà quelques centaines de mètres avant la mare, j'aperçois la silhouette trapue d'un crapaud qui se découpe dans le faisceau de ma lampe.

Crapaud commun (Bufo bufo), remarquez l'iris cuivrée.

     L'iris est cuivrée, c'est donc un Crapaud commun, Bufo bufo pour les intimes. Plus je m'approche de la mare, plus ils sont nombreux. Sans ma lampe, j'en aurai probablement écrasé plusieurs ! Dans la mare, ils sont des dizaines, probablement une centaine au total. Ce sont à priori tous des mâles, qui attendent patiemment l'arrivée des femelles, en émettant quelques timides vocalises.  En observant de plus près un crapaud en train de faire tranquillement la planche, mon regard est attiré par une petite bestiole qui file se cacher sous une feuille: c'est un Triton palmé Triturus helveticus .

Triton palmé (Triturus helveticus)

     Je décide de l'attraper et le glisse dans mon pot en verre pour pouvoir l'observer de plus près.
       Triton palmé (Triturus helveticus), remarquez la gorge non pigmentée et la palmure aux orteils des pattes postérieures.                                              
     La gorge n'est pas pigmentée, et on voit bien le mucron ce filament qui prolonge la queue, c'est bien un triton palmé, et c'est un mâle. Les pattes postérieures palmées, et le cloaque gonflé ne trompe pas ! Après avoir relâché mon nouvel ami, je poursuis mes recherches. Je compte au moins une dizaine de tritons palmés qui fuient le faisceau de ma lampe. Puis j'en aperçoit un légèrement plus gros, mais surtout d'une teinte plus sombre. C'est un Triton alpestre Triturus alpestris, reconnaissable à son ventre et sa gorge orange vif.

Triton alpestre (Triturus alpestris) 

     Là encore, c'est un mâle, avec se petite crête noire et blanche. Je trouve cette bestiole tout simplement splendide ! Bon maintenant il est temps de continuer ma route vers la Boucle de la Taillat, car ce n'est pas tout près.

     Après avoir traversé l'Isère et avoir guetté sans succès une trace des castors, j'ai eu le droit à une jolie surprise. Alors que je marchais sur le chemin de la digue, lampe éteinte, j'ai eu soudain l'envie d'allumer ma frontale et d'éclairer sur ma droite. Comme ça, sans raison. A peine allumée, une silhouette fantomatique accroche le faisceau. C'est une Chouette hulotte en chasse, qui virvevolte agilement entre les branches, dans un silence absolu...magique ! Si je n'avais pas décidé d'éclairer précisément à ce moment là, et à cet endroit là, je ne me serais probablement même pas aperçu de sa présence.

    J'arrive enfin à la Boucle, et commence tout de suite à prospecter les mares. Résultat: plusieurs Grenouilles agiles Rana dalmatina, quelques tritons palmés et crapauds communs, et une Grenouille verte Rana sp. . Déjà une ponte de grenouille agile, le printemps est bientôt là !

Grenouille agile (Rana dalmatina)  

     Quant à moi, il est temps de rentrer !

 

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