crave à bec rouge

Les charognards du ciel

 Le 15/04/2011

     Ce matin j'ai rendez-vous dans la montagne avec la conservatrice de la réserve. Ma mission, observer le cortège de charognard qui profite de la nourriture qu'a monter pour eux Karine.

     Seulement quelques minutes après le dépôt de la barbaque sur la placette, les fauves sont déjà là! Une bonne vingtaine d'individus cerclent de plus en plus près des charognes. Puis le premier se pose et le festin commence ! Tranquillement poster sur mon cailloux en contrebas, j'observe la scène à travers la lentille de ma longue vue. Les vautours se chamaillent pour un peu de viande tandis que les grands corbeaux parviennent à se faufiler dans la mêlée pour grappiller quelques miettes.

     Soudain, j'aperçois un vautour plus sombre que les autres qui cercle au-dessus de moi. Sa silhouette plus rectangulaire, son plumage uniformément sombre et ses pattes clair ne permettent aucun doute! C'est un vautour moine ! Une première pour moi! Tandis que je l'observe avidement, voilà qu'il manque de percuter une grande silhouette à longue queue: le gypaète barbu ! Splendide !

Gypaète barbu (Gypaetus barbatus)

Vautour moine (Aegypius monachus) et fauve (Gyps fulvus)

     Les heures passe et je ne me lasse pas d'observer ces grands et majestueux oiseaux... Les aigles et milans royaux passe régulièrement essayer de grappiller une ou deux miettes, et le casseur d'os continue de planer timidement au-dessus du festin. Un faucon pèlerin traverse le ciel, un couple d'épervier se chamaille au-dessus de la forêt, les falaises résonnent des cris grinçant des craves à bec rouge...tout regorge de vie ici !

Trencalos

   Le Gypaète s'est enfin posé!

 Après quelques temps, j'ai même le droit à la visite d'un couple de vautours percnoptère ! J'aurais donc vu les quatre vautours européens, qui naturellement contribuent à l'élimination totale des cadavres d'animaux: d'abord le vautour fauve, qui aime la viande plus ou moins fraîche, puis le vautour moine qui préfère une chair plus faisander. Viens ensuite le percnoptère qui va racler les os et les articulations avec son bec plus petit et fin. Et pour finir le gypaète barbu, ou Trencalos comme on l’appel ici, qui se nourrit de la seule chose qu'il reste, les os.

     A peine quelques heures auront suffit pour que la carcasse disparaisse ! Le silence revient alors sur la montagne, il est temps de rentrer.

 

Le dragon Pyrénéen

     Cette après-midi,  les nuages ont envahis la vallée. Résultat, purée de pois totale… Ce n’est pas grave, car pas besoin de voir bien loin pour rechercher l’Euprocte des Pyrénées (Euproctus asper). Cet amphibien ressemblant vaguement à un triton grisâtre est endémique de la chaîne des Pyrénées. Il affectionne les petits torrents de montagne dans lesquels il se cache sous les pierres en journée.  Et je ne compte pas partir d’ici sans avoir eu l’occasion de photographier sa frimousse !

     Or, il se trouve qu’un petit torrent s’écoule à quelques minutes de marche. .Ni une ni deux, me voilà en route !

     Après une petite demi-heure de grimpette, je parviens enfin au petit ruisseau qui disparaît comme par enchantement dans le sol pour ressurgir plus bas dans la vallée. Enlevant mes godillots, j’entreprend de remonter le cours d’eau en retournant délicatement les grosses pierres du fond du lit.

Petit torrent

     Quelques  larves de salamandre m’ont fais de belles frayeurs, mais le petit point jaune à l’insertion des pattes est diagnostique : ce ne sont pas des larves d’Euprocte. Après une vingtaine de minutes à patauger dans l’eau glaciale, je désespérais de débusquer la bête, et mes pieds gelés commençaient à protester. C’est alors qu’en retournant une énième pierre, une forme grisâtre lovée en S apparue. Il était là !! Un beau mâle.

 Euprocte des Pyrénées (Euproctus asper)

Euprocte des Pyrénées (Euproctus asper)

     Remarquez les nombreuses pointes cornées, appelées spinulosités qui ornent le corps de l’animal. Après quelques photos, je laisse l’Euprocte retourner tranquillement se cacher sous une pierre et rentre le cœur joyeux au village.

Le stage commence bien !

Ca y est j'y suis !

     Me voilà enfin arrivé dans les Pyrénées orientales, après un périple en voiture de plus de 1700 km ! Le village où je suis pour le moment hébergé se nomme Nohèdes et n'héberge que 70 habitants. Je suis logé dans la maison de la réserve où je partage les locaux avec 4 autres stagiaires. Bien que je n'en ai rencontré que 2 pour le moment, l'ambiance à l'air très sympatoche! Et le cadre est vraiment splendide.

Vue de ma chambre

     Pour ne pas perdre de temps, petite rando hier avec Ben (un stagiaire) vers l'étang du Clot à 1660m. Un temps splendide au dessus d'une mer de nuage.

Etang du Clot

      Petit pique-nique sur les rives du lac. Pur moment de détente...

La Vallée de Nohédes  

     Le fond de la vallée est dans les nuages, alors qu'ici on crame ! Super première journée à Nohèdes !

Mon stage: localisation, structure, sujet et période

Mon stage se déroulera dans le massif du Mont Coronat,dans les Pyrénées orientales, qui dispose de trois réserves naturelles: Nohédes, Jujols et Catalanes. Ma mission consistera entre autre à:

     - déterminer une typologie des habitats de chasse du Crave à bec rouge
     - établir les effectifs de la population
     - repérer les sites de nidification
     - suivre les différentes espèces de rapaces rupestres (suivi des aires, comptages simultanés...)
     - enrichir la base de donnée ornithologique

Autant dire que vu les espèces présentes (Aigle royal, Gypaète barbu, Vautour fauve, moine et percnoptère, Grand-duc d'Europe, Faucon pélerin....), il y a moyen de se faire plaisir !! Et je ne parle pas de toutes les autres bêbêtes, dont beaucoup d'endémiques !! J'ai hâte !

Mais l'aventure ne commencera que le 1er avril, jusqu'au 30 juin, ce qui me laisse encore le temps de baver un peu (et de potasser mes bouquins)!

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site